En bref...
Mise à jour : 05/04/2007
Plasticines, LP 1 (Virgin/2007)
Les Plasticines sont la preuve vivante que l'on peut
sortir, sur une major,
un disque qui tient mal sur ses pattes. Ce premier effort est comme un
gâteau au chocolat démoulé trop tôt, super appétissant
dehors et encore trop mou dedans.
Et ce n'est pas forcément la faute de ces quatre jeunes et jolies
parisiennes. On imputera plutôt cette initiative à des managers
décidés à ne pas louper la hype du moment, le baby
- rock - boom. Une chose qu'on ne peut enlever à ces franges "in",
menées par Katty, c'est
cette envie d'en découdre avec la scène, ce besoin de faire
de la musique plutôt que les magasins. Cela s'entend, évidemment,
sur l'album. L''énergie est là, le niveau musical et le
savoir-faire, un peu moins, même si on sait pertinamment que les
Ramones sonnaient comme des casseroles .
Produit par un type qui n'avait rien fait depuis dix ans, l'album mélange
chansons courtes en français pas toujours fameuses ('(Zazie fait
de la ) Bicyclette', 'Alchimie') et rocks en anglais école Slits,
Strokes aux riffs quand même un petit peu téléphonés.
On se dit alors qu'il était peut-être un peu tôt pour
un disque, que quelques e.p.'s auraient été bien vus, mais
bon, qu'est-ce que vous voulez, la hype c'est la hype.
A part ça, la pochette du disque me fait penser à ce disque
de Queen, là...
Et vous ?
Simon.
My Brightest Diamond, Tear It Down (Asthmatic Kitty/Rough Trade/2007)
Architecture In Helsinki, We Died, They Remixed (Moshi Moshi/2007)
La crème (fouettée) de l'electro contemporaine s'empare
d'un des plus beaux disques sortis l'an passé, celui d'une artiste
entière qui -on l'espère vivement - ne mourra pas noyée
avant d'avoir sorti un deuxième album, une suite de ce petit chef
d'oeuvre qu'est 'Bring me the workhorse'.
La crème citée plus haut, c'est Alias, Golden Chains, Murcof,
soit une poignée d'explorateurs sonores inventifs et malins qui
s'approprient largement les chansons de Shara Worden, en en gardant la
beauté, le lyrisme, et ce petit quelque chose de mystérieux.
On découvre alors ces morceaux sous un autre jour (hip hop : le
remix de Alias, ou electro : celui de Golden Chains) et cela nous fera
d'autant plus apprécier les originaux.
De leur côté, les australiens d'Architecture In Helsinki
sont morts (c'est eux qui le disent) et voient leur pop qui sort du pantalon
revue et corrigée (au fouet, là encore...) par des gens
aussi talentueux que foufous, à savoir le batteur de Devendra Banhart,
Yacht, et sa ligne de basse caverneuse et synthétique sur 'Neverevereverdid',
DJ Medhi, et sa version moite de 'In case we die', ou encore les compères
de Eels, Koool g Muder et Squeak E. Clean sur 'Tiny paintings'.
Hot Chip et Safety Scissors, quant à eux, réussissent à
faire bouger encore plus les fesses sur ce 'Do the whirlwind' désormais
classique, et Jeremy Dower fait sans doute déjà remuer quelques
paires de jambes, un peu partout, avec 'Like a call'.
Loin du tumulte, Isan et son electro posée propose une version
glaciale de 'Rendez-vous : Potrero Hill', et Mocky nous convie au calme
sur le tranquille 'Need to shout'.
Simon
Au Revoir Simone, The Bird Of Music (Moshi Moshi/2007)
Ne pariez pas avec ces trois Brooklynettes qu'elles sont incapables,
avec leur seul DIY et leurs claviers vintage de chez vintage (entendez
par-là, Bontempi et Casio), de composer une pop song mélodique.
Vous n'avez pas l'ombre d'une chance de gagner, car ces trois petites
chéries new-yorkaises se sont démarquées de leurs
consoeurs songwriteuses, en composant uniquement sur des claviers cheap
achetés sur des brocantes, qui les réunissaient autour d'une
tasse de thé et de quelques bicuits à la cuillère.
Ce qui, au départ, aurait pu tourner à l'anecdotique ou
à la blague d'un après-midi pluvieux, se révèle
être un projet touchant, tant les chansons, certes maigrichonnes
d'Annie, Heather et Erika sont de véritables pépites qu'on
aime à écouter au casque dans le noir ou le dimanche après-midi,
autour d'un jeu de scrabble.
Que ce soit sur des titres rythmés et aidés de cuivres souriants
('Sad song'), empruntant des orgues et vocalises aux Beach Boys ('Fallen
snow') ou à l'electronica made in Berlin ('I couldn't sleep'),
lorgnant même vers le slow cheap et câlin ('Don't see the
sorrow', 'Lark') ou la new wave - une grande influence chez elles comme
chez Broadcast - ('Dark halls', 'Night majestic'), ce faux premier album
(un long ep intitulé 'Verses Of Comfort, Assurance And Salvation'
précédait) charme à plus d'un titre.
Simon
Money Mark, Brand New By Tomorrow (Brushfire/2007)
Un parcours original que celui de cet ancien charpentier, devenu le quatrième
Beastie Boys après les avoir rencontrés, et qui a accompagné
au Moog et autres orgues Hammond, Sean Lennon, Beck, Blackalicious et
(même) Santana.
Rompant plus ou moins avec l'electro bricolée de ses débuts,
mais sans pour autant laisser tomber ses jouets favoris - les claviers
vintage - Mark Ramos Nishita nous conte en quelques pop songs sympas,
une rupture, comme l'indique les premiers mots du disque ("Since
you've been gone...").
Mais heureusement, le roi de la coolitude, Jack Johnson, lui file un coup
de main en l'hébergeant dans son label Brushfire, pour ne pas le
voir sombrer dans la déprime, ou au moins l'aider à pleurer
avec le sourire aux lèvres.
Pari réussi, les chansons de ce nouvel album, qui intronisent Money
Mark chanteur à part entière.
Aidé de n'importe quel instrument comportant des touches (mellotron,
melodica, mélancolie...), le californien vient donner de la voix
sur tous les titres de l'album, et donc jouer dans la cour des Lennon,
père et fils, mais on ne lui en voudra certainement pas, car ce
bon génie des claviers sait ajouter un brin de folie douce dans
des compositions certes référencées.
A la manière d'un Josh Rouse ('Nice to me') ou d'un Beck au regard
de cocker('Eyes that ring'), Money Mark nous enchante avec ces ritournelles
douces-amères.
Simon