Comets On Fire - Avatar (Sub Pop / PIAS)

Le groupe californien nous propose, pour son quatrième album, un disque d’un autre âge, qui pourrait bien faire office d’OVNI chez beaucoup de jeunes auditeurs nourris aux formats court de la brit rock d’aujourd’hui, d’Arctic Monkeys à Franz Ferdinand, entre autres.
Les cinq musiciens nous ont concocté ici un savant mélange de free rock mâtiné de jazz et d’une touche de blues, le tout baignant dans une sauce progressive. Les titres, pour la plupart assez longs – six minutes en moyenne – laissent une grande part à l’improvisation ; des morceaux qui donnent en tous cas envie de voir ces gens-là sur scène. Les Comets On Fire n’hésitent d’ailleurs pas à « retravailler » leurs morceaux durant leurs concerts. Pourtant, la plupart des membres du groupe exerçant des activités professionnelles, Comets On Fire n’a pas fait de grandes tournées, et n’a jusque-là jamais quitté les Etats-Unis, si ce n’est une incursion au Canada…
Plus posé, moins heavy que Blue Cathedral, leur précédent opus, Avatar n’en reste pas moins un album dense et parfois bouillonnant, avec des passages noisy – « Dogwood Rust », des changements de rythme – « The Swallow’s Eye » - et un chant tendu à l’extrême style Robert Plant. D'ailleurs contrairement à Blue Cathedral, on est plus ici dans l’univers du Zeppelin que dans celui de Black Sabbath, du Led Zeppelin agrémenté cependant d’un noise rock inventif. Des plages plus free jazz, avec des guitares shootées à la reverb, dénotent aussi une filiation avec des musiciens expérimentaux, comme Jeff Beck sur certains de ses albums. Le second morceau, «Jay Bird», avec son atmopshère jazzy psychédélique, n’est pas loin du cosmique « Third Stone From The Sun », de Jimi Hendrix. On pense beaucoup à Electric Ladyland en écoutant Avatar.
C'est peut-être en raison de la part belle faite aux guitares, particulièrement expressives et travaillées.
A contre-courant du rock actuel, Comets On Fire, qui n’en sont pas ici à leur coup d’essai, n’ont pas vraiment percé ces dernières années. Il est difficile de trouver une ascendance pop dans Avatar, et c’est peut-être cela qui condamne le groupe à un relatif anonymat. Mais le succès actuel de groupes comme The Raconteurs, qui prônent un retour à un rock résolument roots, pourrait constituer pour les Comets un terrain favorable à une reconnaissance tardive.
Avatar ne dévoile certes pas ses secrets à la première écoute. Mais comme nous le disions au début, c’est un album d’un autre âge, du temps des grosses platines à vynil, où l’on posait soigneusement le diamant sur le microsillon, où l’on prenait le temps d’écouter et de réécouter ses précieuses galettes noires.

A écouter absolument :

3- Lucifer's Memory

4- The Swallow's Eye

7- Hatched Upon The Edge

DOM