David Kitt -Not Fade Away ( Rough Trade / PIAS / 2007)

Irlandais aussi méconnu que Fionn Regan ou Mundy, David Kitt trace sa petite route faite de disques à la douce mélancolie, de pop songs rythmées à l'huile de coude, et ce type de voix qu'on entend pas partout.
C'est certain, la musique de Kitt n'apporte rien de nouveau, mais, si on y regarde à deux fois, on s'aperçoit que l'irlandais a une façon bien particulière d'envisager la pop song, triturer un sampler pour lui faire sortir des sons chauds et des beats carrés, maîtriser les structures chétives mais qui savent se tenir debout, s'imbiber de folk 60's ou autant que de hip-hop. On pourrait même parler d'un son "David Kitt".
Et si l'expérimentation se fait toujours dans un lieu calme et isolé, en l'occurence le studio berlinois de Kitt, celui-ci fait voir le jour à de belles chansons, de facture classique certes, mais qui ont bien envie d'aller voir dehors, de s'ouvrir à un plus large public.
C'est notamment avec l'aide de Karl Odlumet et de Tore Johansson (The Cardigans, Franz Ferdinand...) que ce sera possible, les producteurs offrant à Kitt de somptueux arrangements, une production plus large et, une fois émancipée, la pop de chambre se change en rock fiévreux ('I know the reason'), se grandit, aidée des choeurs de deux membres de The Magic Numbers ('Up to you'), et invite même à danser ('Don't fuck with me').
Ailleurs, une autre invitée, remarquée sur le second album de Damien Rice, Lisa Hannigan, pose sa délicate voix sur quelques chansons, sans compter l'apport de quelques compères irlandais de Redneck Manifesto.
Mettant à contribution toutes ses influences, expérimentant sans cesse, et brassant plusieurs styles musicaux, de l'electro à la pop, David Kitt devrait sans doute se frayer un chemin parmi les songwriters (discrets) à suivre.

Simon