Feist - The Reminder (Arts & Crafts / EMI / 2007)

Après la tournée 'Let it die' de plus de deux ans et un album de remixes moyennement convaincant, entre versions jazzy-acoustiques subtiles et electro casse-pieds, inspirées de bien jolies chansons, la canadienne Leslie Feist revient avec un disque savoureux, qui repousse les limites d'un songwriting subtil, empruntant autant au jazz vocal qu'au folk du delta, et une voix qui tutoie les cimes.
Cette fois, cette membre intérimaire de Broken Social Scene s'est entourée de ses bons compères Gonzales et Renaud Letang à la production, Jamie Lidell et Mocky aux choeurs et instruments.
Sans casque sur les oreilles pendant les prises, enregistré façon "town hall" (tout le monde chante dans le même micro, en même temps), et cela en comité restreint dans une maison louée près de Paris, cet album respire le son live, l'énergie mise en oeuvre par d'excellents musiciens (le piano de Gonzales, Jamie Lidell en choriste déglingué, Mocky et ses guitares fougueuses...) est palpable comme peuvent le prouver des titres aussi réussis que 'I feel it all', 'Limit to your love' ou 'My moon my man'.
Tour à tour emportée par une folie plus ou moins contagieuse ('Sea lion woman', clin d'oeil à Nina Simone) ou par des rythmes country ('Past present'), la voix de Leslie y est plus puissante et s'étire à l'envi. On peut même dire qu'elle en fait ce qu'elle veut.
Il y a aussi ce premier titre, 'So sorry', petit frère de 'Gatekeeper', et ce côté rock un peu crade sur 'I feel it all' qu'on ne lui connaissait pas forcément, qui prouve avec ces gospels du troisième type ('1 2 3 4') ou ces boucles vocales de 'Honey honey' que Feist a de la suite dans les idées.
Et c'est encore dans l'épure de 'The water', aidées de cuivres discrets et d'une contrebasse qui caresse, qu'elle et sa voix angélique se sentent le mieux.
Et nous aussi.

Simon