Get Cape Wear Cape Fly - Chronicles Of A Bohemian Teenager ( Atlantic / 2007)

Autant le dire de suite, l’album du beau Sam Duckworth est une véritable réussite. Premier album pour ce môme d’à peine 21 ans qui assume déjà pleinement sa voix incroyablement puissante et juste à la fois. On a la sensation de découvrir le monde en même temps que lui, les yeux grand ouverts, émerveillés, et on est tout simplement heureux. Il est finalement difficile de décrire cet album et de le ranger uniquement dans le genre pop folk. Il en fera rire certains, qui se diront qu’ils entendent encore un songwriter de plus, sans talent, qui use et abuse d’accords faciles et qui va faire chavirer le cœur des filles. C’est beaucoup plus complexe, beaucoup plus intense. Les séquences émotions restent concises, efficaces.
C’est l’anti Star Ac, il n’abuse pas des refrains stéréotypés qu’on a (trop!) l’habitude d’entendre à la radio et qui figurent toujours dans les tops. On a envie d’être à ses côtés et de l’accompagner au chant. Même pas de titre ringard à critiquer. Bon on peut reprocher une similitude certaine entre son Lighthouse Keeper et le tube Time of your life de Green Day. Ça s’arrête là. Call me Ishmael est une merveilleuse chanson folk qu’on se prend en pleine gueule. On y célèbre les choses toute simples de la vie. La géniale ballade I Spy va en rendre jaloux plus d’un qui rêveront toute leur vie de l’avoir écrite. Sam Duckworth s’est sûrement influencé de Pavement, on pense aussi à Tom McRae, la voix se rapproche de celle du leader de Weezer. On sent clairement des airs des géniaux Gomez. Et puis la rage dans sa voix que l’on peut entendre sur War of the Words est bluffante. Comme s’il n’avait plus rien à apprendre de ses idoles, à commencer par Billy Bragg. Et dire qu’il joue seul. Et dire qu’il a enregistré l’album dans sa chambre chez papa et maman…
On entend quelques passages bienvenus de trompette sur Once More With Feeling, d’orgue dans Glass Houses, de rythmiques enivrantes comme sur Chronicles Of A Bohemian Teenager (part 2), tout dans la lignée de son album, de façon profondément honnête. Bref, c’est touchant, ça sait rester simple et finalement c’est ça qu’on aime. Je ne me trompe pas en disant qu’il est déjà un grand musicien.
N’atterris pas, Sam, chapeau bas et vivement la suite.

Tranbert