Good Charlotte - Good Morning Revival ( Epic / Daylight
/ 2007)
Les
cinq grands gamins originaires du Maryland auraient-ils grandi ? Auraient-ils
délaissé leurs planches à roulettes pour entrer dans
le monde des adultes ? C’est en effet plus sobrement qu’ils
apparaissent sur la dernière pochette de leur album, tout de noir
vêtus au milieu d'une simple bichromie blanche-orange. Alors assagis
les Good Charlotte ? Pas vraiment à entendre les soubresauts electro
et les riffs aiguisés de « Misery ». Don Gilmore, producteur
de Linkin Park, est aux commandes et ça s’entend. «
Victims Of Love » avance les mêmes armes, les couplets ornés
de claviers s'effaçant lorsque déboulent des guitares metal
sur les refrains, sur fond de rythmique rock bétonnée.
L’esprit teenage est majoritairement toujours vaillant avec des
hymnes punk rock comme "The River", « Break Apart Her
Heart », « All Black » - mais une basse plus groovy
- et d’autres ; intros qui envoient du bois, guitares emo saturées
et mélodiques. Voilà pour le savoir-faire Good Charlotte.
Mais cette fois-ci Good Charlotte a parsemé sa punk pop de paillettes
electro flamboyantes. On ne s’étonne alors plus qu’un
des titres soit appelé « Dancefloor Anthem », dans
l’esprit grandiloquent des derniers Killers voire Kasabian avec
ses claviers épiques et sa basse grondante, ses guitares plus groove.
Le single qu’on entend depuis quelques mois, “Keep Your Hands
Off My Girl”, est peut-être le titre le plus atypique. Beat
technoïde fracassé, effets spéciaux spaciaux, chant
monocorde... Les fans doivent attendre le refrain et le retour des power
chords pour reprendre un peu leur équilibre. C’est bien du
Good Charlotte là ?
Il faut croire. C’est aussi du Good Charlotte, ces atours pop qu’on
ne leur connaissait pas – « Where Would We Be Now »,
avec sa batterie et ses claviers plus proches de Coldplay que de Sum 41,
« Beautiful Place », sa slide cotonneuse et ses sections de
cordes, pour un titre là encore dans une tradition très
pop du vieux continent mixée par Andy Wallace - Nirvana, Jeff Buckley,
Prince - avec le doigté qu'on lui connaît.
Good Charlotte est donc toujours Good Charlotte, et le virage amorcé
n’est pas aussi large qu’on a pu l’entendre ici ou là.
Pourtant quand s’achève l’album sur un ultime morceau
où domine un piano très keanien, on se dit que le groupe
aspire à d’autres horizons. Un pied dans la pop, l’autre
dans l’electro, mais le regard toujours tourné vers une punk
pop ultra maîtrisée, Good Charlotte fait fructifier son capital
tout en prenant quelques risques.
Affaire à suivre.
A écouter en priorité :
4- Dancefloor Anthem
6- Where Would We Be Now
8- Break Apart Her Heart
9- All Black
DOM