Maria Taylor, Leaving The Nest ( Saddle Creek / PIAS / 2007 )
Signée chez Saddle Creek, le label de Conor Oberst, alias Bright
Eyes, Maria Taylor, ex-chanteuse d'Azure Ray, choriste pour Now it's overhead,
The Faint ou Moby (sic!) sort son deuxième album solo, disque pop
d'honnête facture, mais qui pêche souvent par manque d'originalité.
Le même problème que sur son précédent album
: le "bon, voire très bon" côtoie le "pas
très bon, voire mauvais".
Bien sûr, ce n'est pas comme sur les derniers disques des Cranberries,
où le "mauvais" ne côtoie que le "mauvais"
(suis-je méchant ou lucide ?).
Cet album, loin d'être inécoutable (son premier album '11:11'-
moins produit, plus electro - était même annonceur d'un talent
certain pour des chansons pas trop mal fichues), révèle
puissance 2 le problème de Maria, qui est donc de se rapprocher
trop souvent de cet axe Alanis/Jewel, une recette qui peut éventuellement
fonctionner aux Etats-Unis, où Jewel et Alanis ont vendu des millions
d'albums de cette pop qui brille et d'où rien ne dépasse.
Elle alterne donc les chansons electro dignes d'une B.O. de film pour
ados ('A good start') sans verser dans le péjoratif pour autant
et les folk songs touchantes, dont celle interprétée avec
Conor Oberst ('The ballad of Sean Foley').
Aidée par quelques arrangements de claviers bien placés,
à la manière d'Eels ('Smile and wave' et son mellotron)
et quelques guitares énervées mais pas trop, façon
Gemma Hayes (d'ailleurs, on croirait entendre l'irlandaise sur 'No stars'),
cette nâtive d'Alabama à la voix charmante et légérement
cassée, arrive quand même à susciter un intérêt
chez nos petite oreilles difficiles et suspicieuses.
Mi-figue mi-raisin, le deuxième album de Maria Taylor saura certainement
séduire les amateurs de "pop à l'américaine",
et on aurait aimé que l'album soit à l'image de la gamine
déglinguée (Maria Taylor, enfant?) qui chante en boucle
le titre du disque.
Un peu plus en décalage.
Simon