Maximo Park - Our Earthly Pleasures ( Warp Records /
2007 )
A
certain trigger, premier album pop rock tendance punk de Maximo Park,
fut une vraie révélation. L’album contenait des singles
en puissance. Le groupe se plaçait dans la liste des grands talents
comme Bloc Party, Franz Ferdinand, voire des très bons Libertines.
Deux ans plus tard, la bande de Newcastle est de retour avec Our Earthly
Pleasures, sensiblement différent et plutôt moins réussi.
Le rythme des chansons est toujours aussi énergique et énervé.
Les riffs de guitare sont toujours aussi entraînants. On a l’impression
d’entendre un bon rock garage plus mature. Il manque pourtant quelques
chansons références pour faire de ce CD un album indispensable
de cette année 2007. By the Monument ou l’émouvant
Book From Boxes pourraient presque convenir mais mélodiquement,
ça sent plus souvent le gaz inodore que la poudre. Ce sont de très
bons titres, voilà tout; comme la très Kaiser Chiefs Sandblasted
And Set Free et comme la très Arctic Monkeys Parisian Skies. Le
plus décevant est la voix de Paul Smith, leader et chanteur du
groupe, qui est d’une neutralité bien dommageable. Ça
gâche quelques titres qui perdent, fort logiquement, de leurs saveurs.
Pour apprécier au mieux l’album, il faut en fait faire exploser
les décibels dans l’appartement. Le ressenti est radicalement
différent. Essayez avec Our Velocity, probablement le titre le
plus réussi. On passerait presque d’un titre intéressant
à une véritable bombe atomique très Strokes. Les
nombreuses ruptures et accélérations à la Sonic Youth
se font alors à merveille et les refrains sont puissants, séduisants,
pour notre plus grande joie, comme sur NoseBleed.
Paul Smith décrit son album « entre Smashing Pumpkins et
The Smiths ». Pas faux, surtout pour le second. Pour ce qui est
des textes, la bande sort vraiment du lot comparé à un Arcade
Fire notamment, c’est très soigné. Ça parle
politique, ça parle de la vie en général. En tout
cas, on sort du conventionnel et stressant deuxième album, c’est
loin d’être caricatural, c’est loin d’être
raté, ça s’écoute volontiers.
Tranbert