Naast - Antichambre (Source / 2007)

Naast. Comme nasty, méchant en anglais. Avec un « a » en plus. Et la crédibilité en moins. Ce tout jeune quatuor parisien propose, avec Antichambre, un premier album qui retourne aux sources d'un rock’n’roll très typé années 60. Pour la musique, les guitares nerveuses, la batterie débridée et l’orgue Hammond nous ramènent il est vrai à l’époque plus qu’intéressante du Swinging London, un temps où Brian Jones faisait encore partie des Stones, où les Beatles n’avaient pas encore inventé la pop et où un vent de rebellion soufflait sur la jeunesse de l’époque. La vague illusion s’arrêtera là.
Deux - trois titres, passe encore. Mais même si l'album dure à peine trente minutes, dix titres comme ça, c'est long...
Des morceaux courts joués à cent à l’heure et, il est vrai, en contraste assez flagrant avec la brit pop en vogue en ce moment. Ni Luke, ni Asyl, Naast ferait plutôt penser aux Chaussettes Noires et autres Chats Sauvages, eux-mêmes à l'époque pâles copies creuses des Animals, Stones et consorts.
Très vite le vernis craque, et sous le masque, quatre rockers de boum aussi lisses qu’une toile cirée qui voudrait ressembler à un blouson noir.
Car si le groupe derrière assure plutôt bien – de bons riffs bien coupants sur une rythmique carrée, c’est toujours bon à prendre -, les paroles et la voix qui les serrent sont l’autre problème de Naast. Même sortant d’un mur d’amplis Marshall, la voix de Gustave – ça s’invente pas - aurait du mal à faire vibrer le sonotone de Dick Rivers. Sa façon de découper chaque syllabe s'avère en outre assez énervante.
J’ai lu quelque part qu’il y avait quelque chose des Stooges dans ce groupe… Sans commentaire. Une strophe de « Louis Louis » vaut cent concerts de Naast. Quant au parolier du groupe, il doit avoir treize ans et demi : « Si je le pouvais, et bien je le ferais. Je redirais ce que j’ai dit », « La fille que j’aime elle ne m’aime pas ». Encore une, pour le plaisir : « Tu casses mon cœur de glace ». C’est cadeau et ça vous évitera d’acheter le disque. De toute façon le clip passe en boucle sur Europe 2 TV. Les jeunots feraient bien de se mettre à l’anglais. Ca passerait mieux. En tous cas, ça ferait moins mal.
Le groupe fera probablement illusion devant un parterre d’ados en mal de rebellion, qui disent « Fuck » à la terre entière, un verre de rhum coca à la main, avant de rentrer dormir chez papa-maman, parce que merde le bac c’est dans un an et mes vieux vont me tuer si je l’ai pas.

A écouter en priorité :

Ben y'a bien quelques parties de guitare qui se détachent, un break de batterie qui vaut le coup, sinon...

DOM