Nadj - Nadj ( Warner / 2007 )
Ne vous fiez pas à son regard bleu délavé. Forte
de près de dix ans d’existence sur la scène hexagonale,
Nadj sort un second album tout en reliefs, au son brut et empli d'une
énergie à fleur de peau. Gros grain de guitare, martellement
implacable des fûts, lignes de basse tendues. Du rock quoi, dans
sa forme la plus basique et peut-être la plus efficace : le power
trio.
L’opus commence sur « Idée fixe » choisi, à
raison, comme premier single, basse et guitare speedées, rythme
plutôt dansant. La suite est plus brute, colorée de courts
blues rock – « Tu joues quoi », « La pilule »
- voire déchirée de griffes punk – « J’essaie
». Une urgence dans la musique qui sert des paroles sombres et percutantes
: « Elles avalent les cartouches mais recrachent toujours après
». Nadj invective, hurle, crache donc, susurre aussi parfois.
La jeune femme sait aussi contenir ses moments de rage sur des titres
plus lents comme les charnels « Là » et surtout «
Les cibles », plus axée sur la mélodie et adoucie
de cordes, même si les paroles demeurent ambigües. Entre ces
deux univers, une pop rock rugueuse – « File », «
I Disagree » ou plus sage qui rappelle les errances mélodiques
d’Indochine – « Nos particules », « Le sens
des choses ».
Un disque alliant évidence rock et instants plus impressionnistes,
subtile mélange que l’on s’empressera d’aller
tester en live où le côté brut de décoffrage
de la musique devrait prendre tout son sens.
A écouter en priorité :
1- Idée fixe
2- Tu joues quoi
3- La pilule
4- Là
8- Les cibles
DOM