Of Montreal - Hissing Fauna - Are You The Destroyer
( Polyvinyl / 2007)
Les
américains de Of Montreal (donc aucun lien…) n'en sont pas
à leur premier album, presque dix avant Hissing Fauna, are you
the Destroyer? Toujours aussi peu connus en France, Kevin Barnes et sa
troupe devraient désormais y connaître le succès.
Les deux premiers titres Suffer For Fashion et Sink The Seine font clairement
penser à des bons singles de Suède et de The Bravery, un
bon rock un peu rétro et profondément dynamique. La piste
3 Cato As A Pun change la donne. On rentre dans une nouvelle dimension
et le plus intéressant est encore à venir. On a l’impression
d’entendre sur Heimdalsgate like a Cromethean Curse la musique idéale
d’une de nos séries japonaises préférées
du samedi matin sur TF1. C’est un vrai tube électro avec
un refrain que l’on sifflote sous la douche. On se rapproche du
style Stereototal en moins ringard, comme sur Gronlandic Edit. Ça
sature un max, c’est complètement ridicule mais ça
passe admirablement bien. Les gimmicks y sont nombreuses et on commence
à crier au génie, nie, nie, nie, nie… La plus grande
réussite de l’album est sans hésitation A Sentence
Of Sorts In Kongsvinger, sorte de mix disco, électro, rock. Tellement
puissant et touchant. Of Montreal ne garde que le meilleur du meilleur
des Beach Boys, Prince, voire même des Beatles sur un titre qui
va faire vibrer dans les chaumières. Dépaysement garanti.
Les vocalises sont mises en avant avec réussite, c’est harmonieux,
c’est entraînant, c’est psychédélique.
La suite de l’album n’est malheureusement pas du même
acabit. La longue et ennuyante The Past Is A Grotesque Animal (presque
12 minutes) est une sorte d’expérimentation entre différents
courants musicaux. Trop d’ingrédients (on comprend mieux
pourquoi la bande sort quasiment un album annuellement!!!) se sont insérés
dans la marmite et le plat s’avère fade. Bunny Ain’t
No Kind of River est une chanson plutôt électro pop et niaiseuse
mais plutôt réussie. La suite n’est qu’un mix
du genre dance rétro, funk un peu indigeste. On a hâte que
l’album se termine, on a envie de remettre les six premiers titres
qu’on écouterait en boucle. En se basant sur ceux-ci, on
est face à une totale réussite, véritable réponse
rétro au futuriste Return To Cookie Mountain de TV On The Radio.
La suite montre qu’on se trompe peut être. Mais l’imagination
et la créativité de Of Montreal ne fait pas de doute. Tout
le monde sera comblé par quelques titres, pas tous, des plus jeunes
au plus âgés.
Tranbert