The Noisettes - What's The Time, Mr Wolf ? ( Motown / Vertigo / 2007)
Amis
du rock’n’roll, désolé de vous l’apprendre,
mais la génération Who, Kinks, Stooges, Sonics se trouve
derrière nous. C’est dur à entendre, je sais bien,
et je suis le premier à regretter de n’avoir pas vu le jour
en 56 et tant qu’à faire du côté de Memphis…
Les descendants de cette génération ont pour certains retenu
les leçons de leurs aînés, bourrés dans leurs
petites têtes à grands coups de Gibson SG et de Vox AC30,
et elles portent parfois leur fruit. C’est le cas, au moins en partie
pour les trois dingos de Noisettes. Originaires de Londres Les Noisettes
sont un combo basic : guitare, basse et batterie, et une petite nana peinturlurée
au chant qui surprend l’oreille quand elle se met à brailler.
Ils démarrent les hostilités en 2003 avec dans la barque
deux anciens membres de SONARFLY. Basique, mais efficace. Je vous mets
au défi d’écouter « Don’t Give up »
et « Sister Rosetta » sans virer dans le head banging armés
d’une brosse à cheveux en guise de micros. Entendons-nous
bien, il n’ont pas inventé grand chose et on a bien souvent
l’impression d’un mélange d’influences ultra
étudié, mais ça passe bien, c’est ce qu’on
attend d’un groupe de rock en 2007. S’il est difficile d’être
ultra novateur, il faut au minimum être ultra discipliné
et avoir eu une bonne note à son module 70’s à la
fac.
Seul petit bémol, des morceaux folks et plutôt calmes qui
auraient trouvé une place plus appropriée sur un autre album,
et un son un peu clean. On les sent un peu énervés, mais
pas trop quand même, et tout ça est un peu trop retenu à
mon goût. Résultat, on a le sentiment de quelque chose de
calibré et de pas franchement assumé. Rien à voir
avec les Donnas, les Gossip, les Dt’s, les Bellrays, Detroit Cobras
ou les Avatars, groupes au moins en partie composés de filles et
qui n‘hésitent pas à envoyer la sauce sans compromis
aucun, même pas de la taille d’une noisette.
On a entre les mains un disque bien produit mais pas indispensable, alors
il faudra surveiller les affiches sur les murs de briques de votre ville
et jeter un œil sur ce groupe « on stage » ; c’est
souvent la meilleure manière d’être convaincu.
Guig's