The Stooges - The Weirdness ( Virgin / EMI / 2007)
Sabrez
le champagne ! Bien que la bière serait plus appropriée.
Les Stooges ressortent leurs amplis et ils comptent bien le faire savoir.
Les brûlots Stoogiens se sont tus depuis ‘’Raw Power’’
en 1973, c’est donc avec attention et beaucoup d’exigence
que ce 4ème album était attendu. Aux manettes le célèbre
producteur américain Steve Albini qui débuta les enregistrements
le 30 octobre : le jour de leur tout premier concert, est-ce là
un signe de renaissance ? La formation n’a pas beaucoup changé.
D ’un côté les Stooges : Iggy ‘’Stooge’’
Pop, Ron Asheton (guitare) & Scott Asheton (batterie) ; de l’autre
les nouvelles têtes : Mike Watt (basse) & Steve MacKey (saxophone)
qui ne sont que des associés dixit Iggy.
‘’L’étrangeté’’ n’en
est pas une car elle découle des concerts donné depuis 2002
Mais le pari le plus dur est finalement de convaincre et le moins que
l’on puisse dire c’est qu’il est drôlement réussi.
Les Stooges sont en forme. La rythmique, qui faisait leur force, est au
sommet; Scott Asheton est d’une efficacité implacable, la
basse grogne de plaisir sur ces titres rapides et concis. Les riff sont
puissants et tranchants et les solos renversants ! Les frères Asheton
ont su profité de la trêve et sont particulièrement
brillants. Iggy, quant à lui, est bien présent et digne
de son style même si son chant est parfois plus pop que Stooge,
il n’a rien perdu de son énergie ni de son écriture.
Loin d’être commercial cet album a son lot de pépites
: ‘’ATM’’, ‘’She took my money’’
où il nous explique que les filles savent quand on a de l’argent
et voudraient bien nous le piquer, l’énorme ‘’Free
and Freakly’’, ‘’Greedy awful people’’
qui fustige les Bobos version US, cette classe moyenne très aseptisée,
et enfin le titre d’ouverture ‘’Trollin’’’
où son membre viril se transforme en arbre pour la joie de sa partenaire.
Le saxophone a un peu de mal a trouver sa place et quand il est au centre
des débats cela donne un titre très ennuyeux, ‘’Passing
cloud’’.
Douze titres dont un moins bon. Bonne moyenne et c’est assez rare
par les temps qui courent.
Les Stooges livrent un disque de rock binaire, couillu et bien senti à
mille lieues de certaines reformations de la même époque
dont les motifs sont des plus douteux.
Yann