No One Is Innocent, Salle Jules Verne (Montbéliard,13 avril 2007)

Vendredi 13 avril, 21h15 et nous voici de retour à la salle Jules Verne, (après avoir encore plus tourné en rond dans la Petite Hollande ; décidément, nous n'avons aucun sens de l'orientation ...). Nous découvrons les Hellbats en train de jouer un gros rock endiablé devant un public plutôt parsemé mais réceptifs pour les premiers rangs. Mais oui, nom de nom, où sont les gens ? Au concert d'Asian Dub Fondation à Besançon peut-être ? Je fais rapidement le tour de la salle, puis vais me chercher un petit remontant, et je ne compte pas moins de 200 personnes, à vue de nez . Ceux présents sont de tout âge et de tous styles. Ca fait plaisir... Petit hic à la soirée, la salle ne distribue pas de bouchons d'oreille. Je vais voir le directeur qui m'assure que ce problème sera réglé pour les prochains concerts. Tant mieux, mais en attendant je prie que la sono soit bien règlée (ce qui n'est pas vraiment le cas pour les Hellbats). A noter que la salle est non fumeur. Tant mieux, on ne sentira que la sueur en rentrant chez soi.

La scène pour No One se met en place, notre photographe aussi. Toujours pas plus de monde. A vrai dire 1/3 de la salle est remplie. Tant mieux, j'aurai plus de place pour danser. Et comme on dit, ce n'est pas la quantité qui compte, mais la qualité. Si le public est réactif, c'est le plus important. Cela me rappelle étrangement leur concert aux Eurockéennes en 2003 déjà sur la Grande Scène. Peu étaient présents, mais ça n'a pas empêché le groupe de donner tout ce qu'ils avaient. La scène n'est pas très grande mais les spectateurs en revanche ne sont pas timides et se pressent immédiatement devant les barrières (ne serait-ce pas plutôt des palettes en bois retournées, d'ailleurs ?). No One a voulu recréer l'ambiance de Gazoline en installant de petits lampadaires de style oriental sur la scène. Le groupe fait son apparition derrière un nuage de fumée, qui s'apparenterait presque à de l'encens. Cela donnera au concert toute son intimité. Au son de nos applaudissements, le groupe balance Gazoline (bien évidemment). Le son est parfait (je n'aurai donc pas d'acouphènes ce soir). Kemar semble être en pleine forme. Immédiatement, le public se met à bouger et à danser. On dirait même que ça pogotte ! Ils enchaînent sur Liar (machine à rêver), premier titre du nouvel album qui est à mon sens l'un des plus pêchus, et qui n'est pas sans rappeller un Tout laisse croire... sur Révolution.com. Il ne manquait plus que Les mêmes idées, la même erreur et ce refrain entêtant et tellement juste « Mais la loi du plus fort est plus forte qu'elle en a l'air ».
Voilà, le ton est donné. No One est définitivement un groupe rock, énervé et engagé. Puis vient revolution.com et là, le public est heureux, car il reconnaît le tube qui passait sur les ondes FM il y a 2 ou 3 ans maintenant. Kemar nous invite alors à transpirer et à palier ce manque de sueur que ne dégage pas la révolution par internet. Puis il annonce Tout laisse croire. Je hurle donc à cette bonne nouvelle, mais non, ce sera pour toute à l'heure, Kemar ayant mal lu la playlist qui est pourtant scotchée à ses pieds. Nous nous contenterons d'un Je ne crois pas (que Dieu me pardonne). Il est excusé, c'est vrai qu'avec toutes ces croyances, on se serait nous-mêmes trompés dans les morceaux. Enfin, Tout laisse croire arrive. Excellent ! Shanka a l'air de revisiter tous ces titres. C'est son côté hard-rock-core qui ressort, et sa chevelure commençant à se mêler à toute cette bonne sueur, on a du mal à voir son visage.
Mais que se passe-t-il ? Ne serait-ce pas Kemar que je viens de voir se jeter dans la foule...? Tout à coup, j'ai peur ! Et si, compte-tenu du peu de gens dans l'assistance, Kemar venait à se vautrer par terre...? Mais non, les petits gars de Montbéliard et de la région sont bien là pour le soutenir. Ils vont même jusqu'à le porter à bout de bras jusqu'à la balance et à l'autre bout de la salle. Merci pour lui et pour nous !!!! Kemar revient sur scène sain et sauf, manquant un chouilla de s'étaler (on lui pardonne). Il est temps pour lui de se reposer un peu, car il a mis une telle énergie dans ses chansons qu'il le mérite bien (et nous aussi, je me félicite d'ailleurs de faire très fois par semaine des abdos, très utile dans pareils moments). Nous ne sommes donc pas surpris lorsque le groupe enchaîne L'amour de la haine et La peur. Kemar reste statique, car cette fois, c'est le message qui prime. Tous, nous sommes attentifs aux paroles et n'hésitons pas à joindre le mouvement et à lever un doigt contestataire lorsque Kemar nous parle de Sarko ou de Le Pen. Puis le groupe balance une chanson que je ne reconnais malheureusement pas. Une reprise peut-être ? D'après la playlist, c'est Down, ça me dit quelque chose, mais impossible de mettre un nom dessus. A noter que depuis le concert, une jeune demoiselle s'efforce d'attirer l'attention du chanteur. Elle n'hésite pas à faire tomber son tshirt et montrer ses plus beaux atouts. Kemar semble flatté et lui fait la bise, puis un baise-main.... Cela devient gênant. Elle semble être plus attirée par le mâle que par ses textes et la musique du groupe. Lorsqu'il veut s'approcher de la foule et peut-être tenter un nouveau slam, elle s'accroche à lui et semble lui couvrir le dos de baisers. Et oui, Kemar, victime de son succès, les femmes seraient donc toutes à ses pieds? Bref, il est temps de fustiger les américains avec U.S. Festival et de souligner que chez nos grands frères outre-Atlantique, le Nouveau Testament, côtoie souvent le révolver tout cela dans la même poche.
Maintenant c'est au tour du Général Pinochet et de son régime autoritaire des années 80 d'en prendre pour son grade avec Chile, Terre des Andes pueblo de Santiago. Kemar et ses musiciens donnent le meilleur d'eux-mêmes. Le chanteur se rejettera dans la foule en délire et toujours là pour l'accueillir pendant Drive me. Malheureusement le micro ne suit pas et quelques paroles manqueront à la chanson. Pas grave, on a le bon son des musiciens.
Zut, il semblerait que le concert soit fini… Non ! Impossible ! Ca vient à peine de commencer ! Ah oui, quand même douze titres... Je n'ai rien vu passer.
Bon, après de lourds applaudissements et des cris désespérés de notre part, ils reviennent pour un rappel. Youpi ! On reste dans des textes engagés propres au deuxième album à l'écoute de Nomenklatura, sauf que Maurice Dantec n'est pas là pour lire les textes de King Fisher, puis le groupe décide de se faire plaisir avec une petite reprise de Depêche Mode Personal Jesus, que l'on retrouve sur leur troisième album et qui met tout le monde d'accord dans le public (Kemar fera quelques petites fausses notes dans les couplets, mais bon, la fatigue peut-être...?). Et puis, alors qu'on croyait que le rappel était fini, voilà qu'il nous lance un « Du grand Canyon au Yemen et la peau est la même », alors forcément, oui, on va rester et là, on va se lâcher complètement sur ce parterre tout neuf, voire trop neuf.
C'est l'apogée du concert. On se déchaîne tous au son tubesque de La Peau (mais ne serait-ce pas une verre de bière que je viens de me prendre dans le dos? On s'en fiche, allez ...!). Les voilà repartis, nous comblés, mais toujours avec cette impression que cela a duré deux secondes. Je me rapproche de la scène en leur criant désespérément de revenir. Et là, Laurent, notre photographe, se retourne vers moi et me fait signe qu'il reste encore un rappel de deux chansons. Tant mieux, je vais arrêter de m'époumonner et laisser les autres le faire, histoire de reprendre mon souffle et mes esprits. J'aperçois sur le côté de la scène vers la table de mixage un jeune homme avec une casquette et un petit look de DJ. Il semble être fan du groupe.... A surveiller... Revoilà notre équipe tout sourire et apparemment surprise de tant de chaleur de notre part. Fini les grands discours, place à un peu plus de légèreté. Allez Kmar, Laisse toi aller ! Julien, le bassiste et Skanka sont au top pour faire les choeurs superbussiens de cette chanson. Et c'est pendant le petit break musical du titre que Kemar appelle DJ Tiger, le jeune homme à droite de la scène (j'ai eu du flair, mine de rien !), et l'invite à balancer son flow. Il va même jusqu'à le pousser tout devant le public, genre, allez mon petit gars, sois pas timide. On n'a pas tout compris, qui il était, quel était son message et ce qu'il venait faire là, mais la bonne ambiance aidant, on accepte le tout et on applaudit. Puis, bon, allez, on est qu'à moitié surpris quand Kemar nous introduit l'ultime morceau Salut l'artiste en hommage au Grand Jacques, qui tire enfin sa révérence et à ce beau phoenix, qui va se prendre des congés à perpette.
On a donc tous fait aurevoir de la main du coup. Obligés. Et en même temps, on en a profité pour remercier No One et son énergie qui nous a fait un bien fou. Il était temps qu'ils reviennent ! A voir le sourire des musiciens et du chanteur, on sent que ce fut aussi un bon moment pour eux, et qu'ils ont autant apprécié que nous. Bon, il est temps pour l'équipe de remonter dans notre voiture, de redescendre sur terre et à Besançon, en tâchant de ne pas se perdre pour la troisième fois dans les méandres de Montbéliard (ce qui sera loupé).


Julie