The Kooks, La Laiterie (Strasbourg, 18 novembre 2006)

the kooks

Natural Born Slammers

Dans le tramway qui nous mène à la Laiterie ce samedi 18 novembre, difficile d’entendre autre chose que de l’anglais. Les Kooks jouent ce soir et un bon nombre d’étudiants Erasmus ont dû se jeter sur les billets mis en vente. Dans la file d’attente de la Laiterie également, beaucoup d’anglais plutôt bavards et visiblement heureux d’être là ; les garçons en jean-polo et les filles dans des tenues mêlant élégance et excentricité. La quartier de la Laiterie s'est mis à l'heure de Londres.
Lorsque le groupe arrive sur scène et que Luke Pritchard entonne les premières mesures de « Seaside », toute la salle reprend instantanément les paroles en chœur. Comme sur l’album, ce titre acoustique et bref représente le calme avant la tempête, puisque The Kooks font tout de suite après rugir les guitares avec « See The World». Le vrai concert peut alors démarrer, dopé par l’énergie juvénile des quatre de Brighton. Premier album oblige, la plupart des titres d’Inside In Inside Out seront interprétés ce soir-là. Sur les déjà classiques « Eddie’s Gun » et « Ooh La », le public saute sur place et lève les bras en l’air, complètement déchaîné.
the kooksOn assiste alors à un curieux rituel qui durera tout au long du concert : le spectateur anglais prend un malin plaisir à slammer pour se retrouver dans la fosse, avant de se faire ensuite raccompagner dans le public par des vigils fermes mais compréhensifs... et patients ! Le rituel est parfaitement huilé : une fois retourné dans la foule, le britannique, discipliné, doit passer à un poste de pointage où un groupe de filles immortalisent cet instant en le photographiant. Notons que certains anglais répéteront cette opération plusieurs fois durant le concert. Tout y passe : grand gaillards taillés pour le rugby, jeunes filles en tenue BCBG ou plus punk... la fièvre du slam est contagieuse et n'épargne personne.
Tout cela se passe dans la bonne humeur. La complicité entre le chanteur et son public est évidente. Normal... ils ont le même âge et sont sur la même longueur d’onde. Ca se voit et ça s’entend. Luke Pritchard est proche de son public, ne tient pas en place, avec sa façon toute personnelle de tenir son micro. Paul le guitariste paraît plus réservé sous son chapeau mais enchâine sans faillir riffs rocks endiablés et plans reggae – ska. Max, le bassiste, est dans son monde, concentré sur son jeu et sur la bouteille de vin posée sur son ampli. Quant à Hugh dans le fond, il se déchaîne sur ses fûts et apporte successivement au groupe des ambiances rock ou plus chaloupées.
the kooksLes titres, brefs et intenses, s’enchaînent très vite et prennent toute leur mesure devant un public. Le policesque « Naive » provoque une véritable marée humaine parmi l’assistance, marée sur laquelle Luke surfe allègrement. Un soutien-gorge attérit d’ailleurs sur scène à ce moment-là…
Les Kooks nous gratifient de quelques nouveaux morceaux à forte tendance rock, dont un commençant par une rythmique pesante très blues et enchaînant sur une partie reggae sautillante qui est déjà l’une des marques de fabrique du groupe.
Lorsque les Kooks quittent la scène après "Sofa Song" et que les lumières s’éteignent, je réalise que les anglais sont non seulement des slammers nés, mais qu’ils ont également des cordes vocales en acier trempé. Après quelques minutes de brouhaha ininterrompu, Luke Pritchard revient sur scène seul avec une guitare acoustique. Le chapeau qu’il a posé sur ses cheveux bouclés en font un sosie de Bob Dylan première époque. Après un titre folk inédit et posé, il offre une version acoustique de « Jackie Big Tits », et malgré un cassage de corde, le public l’accompagne du début à la fin.
Les compères de Pritchard reviennent ensuite pour trois derniers titres dont « You Don’t Love Me ». Pritchard se paie même le luxe d’aller slammer lui aussi quelques secondes dans la foule, accompagné d’un bodyguard vigilent mais cool.
Concert mémorable donc, d’un groupe à la fraîcheur et au potentiel assez impressionnants, capable de véhiculer en une petite heure de set court et ramassé une énergie positive et communicative.
On n’a pas fini d’entendre parler des quatre de Brighton.

DOM

>> consulter l'interview de Luke Pritchard

>> consulter la chronique de l'album


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