Interview John Butler Trio (23 avril 2007)

 







Vous avancez dans votre tournée européenne en parallèle avec le succès grandissant de votre dernier albumm Grand National. Comment vous sentez-vous ?

Plus qu'heureux je suis dans la gratitude de tout ce qui m'arrive aujourd'hui. Et plus qu'heureux je suis aussi très excité, très enjoué parce que cela annonce.


Avez vous toujours su que vous vouliez être musicien et leader de votre propre groupe, où est-ce venu petit à petit et de manière plus surprenante ?

En fait, ça a été comme une surprise. Petit, je voulais faire tout plein de choses différentes : j'ai rêvé de devenir skate boarder professionnel, soldat, pompier bref, tout ce qu'un petit garçon rêve de faire. A partir de 16 ans j'ai voulu devenir professeur d'Art, parce que cela me semblait être la meilleure façon de gagner sa vie tout en restant assez libre et dans un domaine de création. C'est aussi à 16 ans que j'ai découvert la guitare. Mais c'est seulement à l'âge de 21 ans que tout s'est concrétisé. C'est à cette période là que j'ai vraiment lié mon jeu de guitare ma voix et mon écriture et que j'ai su que j'avais envie d'en faire quelque chose.


Est-ce que vous avez des références musicales françaises ?

(long blanc) Euh... Non.


Plus que musicales, avez-vous des références françaises ? Que connaissez-vous et préférez-vous de la France ?

Oh mon dieu oui, j'adore votre pain, j'adore vos saucisses et j'adore vos fromages !
Et aussi vos cigarettes...

Elles ont un goût différent ici ?

Non mais il y en a beaucoup et partout !
e dirais aussi que vous êtes des gens très passionnés, les fans sont très passionnés, les échangent pendant les concerts sont plus intenses, vous aimez les émotions, c'est particulier à la France.


Est-ce que quelque chose de l'Australie vous manque quand vous n'y êtes pas ?

En fait je n'ai pas tellement le mal du pays parce que ma famille me suit. Ma maison est là où ma famille se trouve. Ce que j'aime particulièrement en Australie, c'est la terre, l'espace, mais j'ai cet esprit en moi, il m'habite et m'accompagne partout et ne me manque donc pas tant.


L'album SUN RISE OVER SEA fait référence une ville australienne qui vous tient à coeur et qui voit chaque matin les premiers rayons du soleil. Avec GRAND NATIONAL on sent une ouverture vers quelque chose de moins intime, qu'est ce que raconte ce titre ?

SUN RISE OVER SEA était bien un clin d'oeil à cette ville mais il s'agissait aussi de connoter en général le jour qui se lève, le jour qui commence avec toutes ses possibilités. Ce titre venait de "Peaches and Cream" qui parlait d'un jour tout neuf... Un nouveau jour commence et pourquoi pas ma vie?
C'est vrai qu'avec GRAND NATIONAL c'est un autre message qui passe et en effet il est moins intime. Ce titre est là pour dépasser le mot international, pour le dire plus poétiquement en apportant une notion de lien entre tout les pays comme s'il n'y avait qu'une seule nation.


Qu'est ce qui vous inspire ?

Je n'ai pas de véritables recettes pour trouver l'inspiration, c'est la vie en général qui m'inspire. J'écris sur ce qui se passe en moi et sur ce qui se passe autour de moi, sur la condition humaine en générale. Je suis absolument fasciné par le façon dont on se comporte et du pourquoi l'on se comporte ainsi.


Comment l'écriture d'une chanson se passe-t-elle ? Est-ce d'abord une mélodie, une suite d'accords à la guitare ?

Tout se déclenche avec un instrument : ma guitare, un banjo... peu importe. Parfois c'est aussi un simple rythme dans ma tête avec lequel je m'amuse en beatbox jusqu'à ce que le reste suive...

(petite démonstration live)

De toute façon une chanson naît d'abord de la musique, les mélodies s'imposent ensuite et puis du yaourt on passe tranquillement aux mots. Ensuite il s'agit d'arranger un peu les phrases pour que tout fasse sens, que tout soit parfait, que tout fonctionne, que tout coule...


Arrivez vous à définir avec vos mots à vous votre style de musique ?

Oh, mon dieu c'est tellement compliqué, il y a tellement de styles différents dans ma musique... En général je dis que je fais de "l'eclectic roots music". Je sais que c'est très vague mais c'est ce qui connote le mieux le fait que je m'inspire des racines traditionnelles de la musique blues, folk, reggae, celtique, etc... Le mot éclectique est important parce qu'il définit très bien mon goût inclassable pour tout genre de musique du hip-hop au celtique en passant par le heavy rock.


Quelques journalistes vous qualifient de Jam band, qu'en pensez vous ?

Je trouve que Jam band sonne un peu faux, un peu comme si on avait pas vraiment pris le temps de vraiment trouver le qualificatif qui convient. C'est le mot vague typique qui veut tout dire et donc ne rien dire vraiment, je ne suis pas fan !

Y a-t-il une question que vous adoreriez qu'on vous pose en interview et qui ne tombe jamais ?

Laissez moi un peu de temps... Qu'est-ce que j'aimerais apprendre sur quelqu'un ?
C'est triste, mais je crois que je n'ai pas de question originale.


Ou peut-être : quel est le nom de votre manager de tournée ?

C'est Jules !

Yeah.... (rires)
Non, vraiment je ne sais pas. Si j'avais dû interviewer un musicien je pense que j'aurais poser les même questions que vous : les influences, les inspirations... C'était très bien !

Propos recueillis par Caro et Charlie.

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