Festival Rocktambule, Grenoble, La Faïencerie / La Tronche
Aller à un concert des Hey Hey My My, c’est comme passer la soirée avec de vieux potes. Pas de tralala, aucune mise en scène. Nature au possible. A tel point que quand ils arrivent sur scène, ils passeraient presque pour des roadies. Ils apparaissent détendus, bouteille d’eau dans une main, bière dans l’autre. On pourrait être à une séance de répétition tellement le groupe paraît loin des excentricités du rock’n’roll. Pire, on pourrait les croiser dans la vie de tous les jours. Ils ne font peut-être pas groupe de rock et, pourtant, tout est là. Le set commence. On y retrouve toutes les chansons de l’album, I Need Some Time, Easy - que le chanteur dédie à tous ceux qui se sont ou se feront larguer -, Poison, By The Lake… Les chansons qui peuvent paraître douces sur l’album prennent une couleur résolument pop rock et entêtante en concert. Too Much Space à l’harmonica prend de la hauteur, tout comme Celia, sincèrement mélancolique. Des chansons simples mais qui font leur effet. Tout est calibré, voix, mélodie, rien ne dissone. La taille moyenne de la salle permet de mesurer les capacités scéniques du groupe. De près, l’on voit bien les pitreries du chanteur qui se la joue fausse rock star. Et, pour ceux du dernier rang, il reste les vannes entre deux chansons et les explications de texte de Julien (le chanteur): « Voici une chanson pour ceux qui comme moi ont du mal avec leurs parents » - ils apprécieront-. Une heure de concert qui malgré l’apparence de la déconne et de la décontraction, assure. Au fil des concerts, Hey Hey My My a su apprivoiser la scène. Davantage tourné vers le public qui en redemande, le groupe offre une dimension plus rock à leurs compos.

Hey Hey My My - Cliquer pour agrandir
Autre ambiance avec The Bishops qui assurent la deuxième partie. A première vue, le groupe anglais ressemble à tous les autres groupes en « The » à la mode : chanteur à la gueule d’ange, look old school (costume noir – chemise blanche – cravate noire), chansons pop rock influencées par les groupes des 70’s. Leur look fait penser à celui des Hives à leurs débuts. Mais le groupe de Mike et Pete Bishop, frères jumeaux à la guitare et à la basse, est plus qu’une pale copie du groupe suédois. Le groupe ne fait pas dans la pop mielleuse, et le revendique. Comme les Hives, ils apportent une énergie contagieuse dans la salle. Le batteur a souvent les bras en l’air mais ça ne l’empêche pas de faire beaucoup de bruit. La salle est assaillie de grands coups de guitare, les riffs sonnent même parfois heavy. Le groupe distille les chansons de l’album (The Bishops, sorti en mai): Breakaway, Slow River, So High, In The Night, You Can’t Let It Go… Quand d’autres groupes anglais restent stoïques, effrayés par la barrière de la langue, les Bishops eux, communiquent. Le chanteur reste peu derrière son micro, il avance au bord de la scène, au contact de la fosse. Il lui arrive de parler entre deux chansons, mais l’énorme sourire qui lui barre le visage suffit. Il est heureux, le public aussi. Ses efforts sont récompensés par un pogo dans les premiers rangs. Mais si le groupe s’éclate en imitant les pas de danse d’Angus Young, il sait aussi faire autre chose. Le rock enflammé laisse parfois la place aux chansons plus pop, influence 60’s, avec la participation du bassiste sur les choeurs comme sur Menace About Town, qui a un petit côté Beach Boys. On retiendra aussi le tubesque I Can’t Stand It Anymore qui reste dans la tête longtemps. Si l’album est déjà une réussite, The Bishops mérite également le déplacement. A une telle fougue mélangée à une élégance scénique et musicale…on dit bravo.

The Bishops - Cliquer pour agrandir
Crédit photos : Adeline Collet / Sensation Rock / 2007
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent laisser un commentaire.
SVP, connectez vous ou enregistrez vous.